LE DESIR, C’EST LE MURMURE DE LA VIE
La sagesse du désir. C’est d’accueillir les saisons du désir. Si le désir faiblit, il faut le laisser s’éteindre. Un autre renaîtra ailleurs. Si je cherche le désir au bout de la queue de l’étoile filante, je vivrai le manque et la frustration. Dans la nostalgie d’un hier et l’espoir incertain d’un demain. Je me morfonds dans l’avoir envie. De grandir, de plaire, d’être aimé/e. Avoir envie de boire, de manger, sentir, toucher, être entendu/e.
Aujourd'hui, j’admire la voûte céleste et je cueille chaque étoile comme autant de perles de désir, je peux vivre la présence de l’instant et être en vie.
Pour moi, vivre heureuse, c’est considérer le désir, comme une fontaine qui danse devant moi. Le désir est une force qui m’habite, une puissance d’exister, d’agir et de jouir.
Je maintiens ce désir, en respirant la vie, en admirant la nature en recherchant mon centre et la confiance en moi. Rester éveillée, émerveillée et libre de vivre dans la plénitude de l’instant présent sans chercher un but. Je suggère pour cela de fuir la tyrannie de la performance.
Entretenir le désir, c’est le cultiver comme une vigne, l’élever jusqu’à maturation et savourer son fruit avec art. Art de prendre soin de soi et de partager son humanité. Car le désir déplore l’exclusivité. Il rend libre et ingouvernable. Désir d’un jour qui commence, de la nuit et des rêves, le désir de l’autre. Si vous placez l’humain au centre des saisons, vous le verrez se développer en harmonie avec la nature.


EVEIL ET EMERVEILLEMENT
Si le parfum subtil du gardénia m’emplit d’extase,il en va de même du regard des hommes.
Dans le train qui me conduit à l’exposition nationale, je lis la citation de Blaise Cendrars « Mes yeux sont des kilos qui pèsent la sensualité des femmes ». Je l’ai instantanément adaptée à mes propres valeurs : « Mes yeux sont des plumes qui caressent la sensualité des hommes ». J’ai eu tout loisir d’expérimenter les vertus de cette sentence dans les longues et sinueuses files d’attente de l’expo, qui s’appelait – il n’y a pas de hasard – : l’empire du silence.
On est tous branchés, online, répondeur, télécopieur et j’en passe. Les rois du sans fil, mais sans feeling. On a perdu le sens du langage humain. Le contact direct : un sourire, un geste, un mot. Une carte postale offerte par le sponsor mentionne : « Chaque jour privilégiez une communication résolue et ouverte ».
Je décide de chercher le contact visuel avec la gent masculine. Cela éveille mon désir. C’est délicieux. J’en choisis un, que je trouve érotique et je le fixe dans les yeux. Il me regarde, l’air étonné, intrigué, enjoué. Puis la file avance, je le perds de vue et je le retrouve plus proche. On s’amuse en silence à se perdre et se retrouver. Une heure de plaisir et d’émerveillement érotique. Un vrai bain de jouvence. J’ai dû perdre au moins un kilo ! Si, si. Je me sentais belle et désirable. Plus besoin de régime. Partir en chasse de regards. C’est bon pour la santé et la ligne … télé-sympathique ! 



PIMENTER MES DESIRS
Mon éducation m’a portée à assouvir mes caprices par 1001 stratagèmes espiègles et plus ou moins efficaces.
Devenue adulte, je débusque encore certaines stratégies non-verbales plus ou moins culpabilisatrices pour arriver à mes fins.
Aujourd’hui, j’appelle cela de la manipulation. Autant que faire se peut, j’évacue ces anciens modèles pour les remplacer par une prise en charge de mes désirs. Je les exprime clairement et si je n’obtiens pas le résultat, je me lève et je vais le chercher moi-même, sans autre forme de procès.
Qu’il s’agisse du sel sur la table ou de mettre plus de piment dans ma Vie. 

© Orchydia C.

Les chroniques marquées d'une étoile sont parues dans la revue Recto-Verseau.

 

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